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Lot 120 - Lucio FONTANA - « CONCETTO SPAZIALE », 1959 - (ATTESE) - Peinture sur toile[...]

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Lucio FONTANA
« CONCETTO SPAZIALE », 1959
(ATTESE)
Peinture sur toile lacérée signée et titrée au dos
22 x 15,5 cm

Porte le n°2907/1 (Ex 1766/1) des archives de la fondation Lucio Fontana
Provenance :
- Collection Agostino Ferrari, Milan
- Collection particulière, Milan
- Galleria d’Arte Novello, Venise
- Collection Pierre et Geneviève Hebey, Paris
Bibliographie :
« Lucio Fontana », catalogue raisonné, tome I, Enrico Crispolti, éditions Electa, 2006, reproduit sous le n°59T67 page 309. L’œuvre est également reproduite dans la première édition du catalogue raisonné de 1986 page 309
Quête métaphysique et incarnation, utopie et kitch, fascination technologique et matière informe, baroquisme et cosmologie, tel est le monde de Lucio Fontana.
Après être passé de l’abstraction bidimensionnelle à la figuration expressionniste, de l’abstraction géométrique au cinétisme, Fontana taraudé par l’impérieux besoin de rejoindre les mondes insondables du cosmos, « inventa » le spatialisme qui convenait à sa nature intériorisée et dont il définit les règles en les théorisant dans son manifeste « Spaziali ».
Le besoin de s’approcher des mondes flottants se manifestera après sa Rétrospective à la Biennale de Venise en 1958. On veut que ce soit à la « faveur » d’un accident qui endommagea l’une de ses toiles, que Fontana fixa l’inconscient de son geste en incisant la surface de ses toiles à l’aide d’une lame de rasoir, d’un cutter ou de tout autre objet symbolique et tranchant. Faut-il voir dans cet accident l’effet du hasard ? Le hasard, d’ailleurs, existe-t-il ? Le besoin d’une intervention physique ne préexistait-elle pas dans l’inconscient du peintre au point de transformer le hasard en volonté libératrice et créatrice. La toile rythmiquement fendue d’un geste sur et élégant, affichera la présence essentielle des « tagli » qui deviendront une figure de référence pour les artistes des années 60.
Fontana, par l’échelonnement physique des « tagli » dans le plan, active l’espace pictural de telle sorte que la présence des plans ainsi obtenus, dynamise la surface mono chromique. Les fentes, blessures, entailles, en structurant ces divers plans créent une profondeur spaciale dans la chair même du tableau.
« Concetto spaciale » de 1959, est une composition où le geste en incisant la surface, crée des rythmes dynamiques parallèles qui fixent le regard. « Il s’agit de tourner le dos à l’usage des formes connues de l’art pour privilégier le développement d’un art fondé sur l’unité du temps et de l’espace ».
Sur des aplats homogènes, les interventions gestuelles élargissent le champ de la perception et confèrent à l’œuvre une dimension qui excède les productions de l’Art informel, du Tachisme ou de l’Art abstrait.
En dépassant le geste de la lacération, Lucio Fontana crée un sentiment de vide, d’austérité, d’absence que contrebalance une sensualité mystérieuse. Rouge incisé de deux fentes secrètes, suggestives, extatiques, vibrantes et voluptueuses. Tableau qui se présente comme un besoin de vie cosmique et dont le secret réside dans son traitement. A ceux qui avaient prédit la fin de la perspective en peinture avec l’apparition de l’abstraction, Fontana rétorque en créant des œuvres d’une grande force plastique, non soumises au rationnel, et qui vont jusqu’au seuil limite de la peinture dans une prise de conscience du néant.
« Concetto spaciale » est une œuvre vertigineuse à l’image des immensités galactiques. Tableau dont la chair incandescente est en contact avec les vies secrètes où contemplation et sérénité se donnent la main, matérialisant sous sa forme la plus poétique, le subjectif, l’inconnu et l’invisible.

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Thème : Peintures et dessins Ajouter ce thème à mes alertes